Poser soi-même la faïence d'une salle de bain est un chantier accessible à un bricoleur motivé, à condition de ne pas brûler les étapes. La différence entre un carrelage qui tient vingt ans et un qui décolle au bout de deux hivers se joue presque toujours sur la préparation du support et la qualité du mortier-colle. Voici le déroulé complet, du nu du mur à la finition des joints.
Préparer le support : l'étape que l'on sous-estime toujours
Un support mal préparé est la première cause d'échec dans la pose de faïence. Avant de toucher aux carreaux, vérifiez que le mur est plan, pas plus de 5 mm de différence sous une règle de 2 mètres, propre, sec et solide. En salle de bain, l'humidité est permanente : un plâtre gorgé d'eau ou un ancien carrelage décollé ne constituera jamais une base fiable. Si vous posez sur des plaques de plâtre, optez pour des plaques hydrofuges BA13 H1 et appliquez une couche d'impression avant la colle. Sur un ancien carrelage en bon état, le ragréage des joints creux suffit ; sur un carrelage abîmé ou bombé, la dépose s'impose. Sur béton ou ciment, une couche d'accroche, appelée primaire de scellement, est recommandée pour améliorer l'adhérence du mortier-colle. Vérifiez aussi la planéité des angles et des jonctions avec la baignoire ou le receveur de douche. Ces zones sont les plus sensibles aux infiltrations : un mastic silicone sanitaire en remplacement d'un joint rigide vous évitera bien des désagréments.
Le matériel indispensable avant de démarrer
Réunissez tout votre matériel avant de commencer. Commencer un carrelage à moitié équipé, c'est prendre le risque d'une pause forcée au mauvais moment :
Mortier-colle C2S1 ou C2S2 adapté aux zones humides et aux carreaux grand format
Peigne dentelé adapté à l'épaisseur de vos carreaux (6 à 10 mm en général), niveau à bulle, mètre, feutres
Carrelette manuelle pour les coupes droites, disqueuse avec disque diamant pour les coupes complexes et les découpes de tuyaux
Croisillons d'espacement (1 à 3 mm), éponge, seau, malaxeur électrique
Joint à carreler époxy ou ciment, mastic silicone sanitaire pour les angles et jonctions avec les sanitaires Comptez environ 10 % de carreaux supplémentaires par rapport à la surface nette, et jusqu'à 15 % si vous posez en diagonale ou dans une petite pièce avec de nombreux angles.
La pose pas à pas : méthode et points de vigilance
Commencez par tracer vos lignes de référence : un axe vertical et un axe horizontal au centre de la zone à carreler, vérifiés au niveau à bulle. Posez à sec quelques rangées de carreaux pour contrôler la mise en page et anticiper les coupes. Prévoyez de terminer avec un carreau d'au moins un demi-carreau en pied et en tête pour éviter les finitions disgracieuses. Préparez le mortier-colle selon les instructions du fabricant. La consistance doit être souple, sans grumeaux. Étalez-le par zones de 60 x 60 cm maximum avec le côté lisse du peigne, puis peignez avec le côté cranté pour former des nervures régulières. Posez les carreaux en pressant fermement tout en les faisant légèrement glisser pour chasser les bulles d'air. Vérifiez l'aplomb et le niveau toutes les deux ou trois rangées. Les coupes droites se réalisent à la carrelette en deux gestes : score et brise. Pour les découpes autour d'une colonne d'eau, d'une niche ou d'un angle intérieur complexe, utilisez une scie cloche diamantée ou une disqueuse. Prenez le temps de mesurer deux fois avant de couper.
Jointoiement et finitions : soigner la dernière étape
Attendez au minimum 24 à 48 heures après la pose avant de jointer, 72 heures si la pièce est très humide ou mal ventilée. Retirez les croisillons, puis appliquez le joint à la lisseuse en travaillant en diagonale pour bien remplir les interstices. Essuyez l'excédent avec une éponge humide avant que le joint ne sèche. Un film de laitance reste parfois en surface : nettoyez-le avec un produit anti-laitance adapté une fois le joint complètement sec. Pour les angles et les jonctions mur/sol ou mur/baignoire, utilisez du mastic silicone sanitaire plutôt qu'un joint rigide. Le silicone absorbe les légères flexions du bâti et prévient les infiltrations à long terme. Un joint rigide dans ces zones finit toujours par fissurer. Si vous hésitez sur le choix du format des carreaux, la gestion des angles complexes ou la mise en page d'un motif particulier, n'hésitez pas à consulter un carreleur professionnel avant de démarrer. Un devis de vérification ou d'assistance à la pose vous évitera de coûteuses reprises.



