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Étiquette A+ des peintures et matériaux : ce que mesure l'étiquetage obligatoire des polluants

Publié le 13/12/2026

Au rayon peinture, chaque pot affiche une petite étiquette barrée d'une grande lettre : A+, A, B ou C. Elle est réglementaire : depuis le 1er janvier 2012, les produits de construction et de décoration vendus en France doivent indiquer leur niveau d'émission de polluants volatils dans l'air intérieur. La classe A+ signale les émissions les plus faibles, la classe C les plus fortes, mesurées en laboratoire 28 jours après la pose. L'étiquette aide à comparer deux produits, mais elle ne dit pas tout de ce que vous respirerez pendant et juste après les travaux. Voici ce qu'elle mesure, ses limites et la méthode pour repeindre une chambre d'enfant.

Que signifie l’étiquette « Émissions dans l'air intérieur » ?

Elle classe un produit selon les quantités de composés organiques volatils (COV, des substances qui s'évaporent à température ambiante) qu'il relâche une fois posé. Plus la lettre est proche de A+, moins le produit émet.

Issue du Grenelle de l'environnement et de l'article L221-10 du Code de l'environnement, l'obligation repose sur le décret n° 2011-321 du 23 mars 2011 et l'arrêté du 19 avril 2011. Elle s'impose depuis le 1er janvier 2012 pour les produits nouvellement mis sur le marché, et depuis le 1er septembre 2013 pour ceux qui étaient déjà vendus avant 2012.

Le laboratoire mesure les composés organiques volatils totaux (COVT) et dix substances précises, dont le formaldéhyde, le toluène et le styrène, comparés à des seuils en microgrammes par mètre cube d'air (µg/m³). Extrait de l'arrêté :

Substance

A+

A

B

C

COV totaux

moins de 1 000 

moins de 1 500

moins de 2 000

plus de 2 000

Formaldéhyde

moins de 10

moins de 60

moins de 120

plus de 120

Toluène

moins de 300

moins de 450

moins de 600

plus de 600

Selon l'ANSES, la lettre affichée correspond à la substance la plus défavorable : un produit classé B sur le seul formaldéhyde sera étiqueté B.

Quels produits doivent porter l'étiquette ?

Les peintures et vernis sont visés dès l'intitulé du décret de 2011. Ce décret, codifié aux articles R221-22 et suivants du Code de l'environnement, cite aussi :

  • les revêtements de sol, de mur ou de plafond ;

  • les cloisons et les faux plafonds ;

  • les produits d'isolation ;

  • les portes et les fenêtres ;

  • les produits destinés à la pose ou à la préparation des précédents, comme les colles.

Sont exclus les produits faits uniquement de verre ou de métal non traités, la serrurerie et la visserie. Les meubles, produits d'entretien ou bougies parfumées n'entrent pas dans ce dispositif, alors qu'ils émettent aussi des polluants.

Le fabricant ou l'importateur classe son produit et répond de l'exactitude de l'étiquette ; il doit garder ses justificatifs à la disposition des agents de contrôle. Vendre un produit non conforme est puni de l'amende prévue pour les contraventions de cinquième classe.

Ce que l'étiquette mesure, et ce qu'elle ne dit pas

L'étiquette décrit un scénario normalisé, pas votre logement. Selon l'arrêté du 19 avril 2011, les mesures sont réalisées après vingt-huit jours en chambre d'essai, puis ramenées à une pièce de référence de 30 m³ dont l'air est renouvelé de moitié chaque heure.

D'où plusieurs angles morts :

  • les premiers jours, quand la peinture sèche et émet le plus, ne sont pas reflétés par la lettre ;

  • seules dix substances et les COV totaux sont évalués, pas les odeurs ni les particules de ponçage ;

  • une pièce peu ventilée, plus petite ou plus chaude que la pièce de référence concentrera davantage les émissions ;

  • l'étiquette repose sur une autodéclaration du fabricant, que l'administration peut contrôler.

Un garde-fou complète le dispositif. L'arrêté du 30 avril 2009 interdit depuis le 1er janvier 2010 de vendre des produits de construction et de décoration qui émettent, après 28 jours, 1 µg/m³ ou plus de trichloréthylène, de benzène ou de deux phtalates, quatre substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

Écolabel européen, A+ : deux informations complémentaires

L'étiquette A+ et l'Écolabel européen ne mesurent pas la même chose. La première porte sur ce que le produit émet une fois posé ; le second, label officiel et facultatif de l'Union européenne, encadre surtout sa composition.

Selon l'ADEME, l'Écolabel européen des peintures limite la teneur en composés organiques volatils et semi-volatils du produit fini, entre 10 et 80 grammes par litre selon le type de peinture. Il restreint les ingrédients toxiques, cancérogènes ou sensibilisants au-delà de 0,01 % de la masse et impose des performances minimales. L'ADEME note toutefois qu'il ne fixe pas de valeur maximale d'émission pendant l'utilisation. D'où l'intérêt de chercher les deux : A+ pour l'air intérieur, Écolabel pour la composition. Les mentions non encadrées, du type « naturel » ou « sain », n'engagent que le vendeur.

Repeindre une chambre de bébé : la bonne méthode

Le calendrier compte autant que le pot. L'ADEME conseille de peindre la chambre de bébé plusieurs mois avant son arrivée, de choisir une peinture classée A+, acrylique ou minérale avec peu ou pas de solvants organiques, et d'aérer longtemps la pièce. Elle recommande aussi à la femme enceinte de ne pas peindre elle-même.

Prenons l'exemple hypothétique d'une chambre de 3,2 m sur 3 m, sous 2,5 m de plafond, pour une naissance prévue le 15 mars 2027. Les murs représentent 31 m², moins 3,1 m² de porte et de fenêtre, soit 27,9 m², auxquels s'ajoutent 9,6 m² de plafond : 37,5 m² à couvrir. Avec deux couches et un rendement supposé de 10 m² par litre et par couche, il faut 7,5 litres de peinture. Si la peinture est terminée le 14 novembre 2026, les 28 jours du protocole d'essai sont atteints le 12 décembre, et l'enfant arrive environ quatre mois après le chantier.

Pendant les travaux, ouvrez largement et ne dormez pas dans la pièce. Ensuite, aérez deux fois par jour, cinq à dix minutes matin et soir, comme le conseille l'ADEME, et laissez la fenêtre ouverte plusieurs jours avant d'y installer un lit. Ne bouchez jamais les entrées d'air ni les bouches de ventilation.

Choisir A+, puis laisser le temps et l'air faire leur travail

L'étiquette A+ est un bon premier filtre pour comparer ce que peintures, colles, sols et isolants relâcheront chez vous. Elle ne remplace ni le temps ni l'aération. Pour une chambre d'enfant, choisissez des produits A+, si possible écolabellisés, prévoyez le chantier plusieurs mois à l'avance et ventilez longuement avant d'y faire dormir quiconque. Si un professionnel s'en charge, demandez-lui d'indiquer sur le devis la classe de chaque produit. Sur Omizi, vous pouvez décrire votre projet et recevoir jusqu'à 3 devis gratuits d'artisans de votre secteur.

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