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Quelle est la commission d'un agent immobilier ?

Publié le 06/11/2025

Vous vendez, achetez ou mettez un bien en location et vous cherchez combien représente la commission d’agence, qui la paie, sur quelle base sont calculés les frais de notaire, et ce qui est réellement négociable. Voici un guide clair, étayé par les textes et des repères de marché pour décider sans surprise.

Qu’est-ce qu’une commission immobilière et que finance-t-elle ?

La commission (ou honoraires d’agence) rémunère le travail commercial, marketing, juridique et de négociation : estimation, préparation du dossier (photos, plans, diagnostics transmis), diffusion multiportails, qualification des acquéreurs, visites, négociations et accompagnement notaire jusqu’à l’acte. Elle est due uniquement si l’opération aboutit (vente signée, bail conclu). Les obligations encadrant le métier (mandat écrit, affichage des prix TTC, mention de la charge des honoraires) sont précisées par la réglementation et la DGCCRF.

Combien coûte la commission en France aujourd’hui ?

Quel ordre de grandeur réaliste ?

Le marché français se situe le plus souvent entre 3 et 8 % TTC du prix, avec une zone courante autour de 4-6 % selon le bien, la ville, le niveau de service et le type de mandat. Plusieurs baromètres grand public indiquent des fourchettes voisines (3-10 % annoncés côtés crédits/immo conso ; 5-8 % relevés chez de grands réseaux et acteurs en ligne). Utilisez ces bornes comme repères, pas comme un tarif légal.

Forfaits et modèles hybrides

Des acteurs à forfait (tarif fixe) ou à commission réduite existent (2-3 % ou forfaits de quelques milliers d’euros), souvent avec un périmètre de prestations différent (mise en ligne vs pilotage complet de la vente). Comparez le service rendu au-delà du pourcentage affiché.

Qui paie la commission : vendeur : ou acheteur, et quel effet chez le notaire ?

Deux pratiques coexistent, selon ce qui est écrit dans le mandat et affiché sur l’annonce

  • Charge vendeur : la commission est incluse dans le prix FAI (frais d’agence inclus).

  • Charge acquéreur : l’annonce mentionne le prix hors honoraires + le montant/% TTC des honoraires dus par l’acheteur, avec le prix FAI mis en avant. Ces mentions sont obligatoires.

Impact sur les “frais de notaire” (frais d’acquisition)

  • Charge vendeur : les frais d’acquisition sont calculés sur le prix FAI (commission incluse).

  • Charge acquéreur : la commission est exclue de la base ; les droits sont calculés sur le prix hors honoraires (“net vendeur”). Cela réduit la base taxable pour l’acheteur.

Repère utile : dans l’ancien, les frais d’acquisition tournent globalement autour de 7-8 % du prix (et 2-3 % dans le neuf), dont une large part de taxes ; le barème d’émoluments du notaire est public et dégressif par tranches.

Comment calculer rapidement la commission et le prix net/FAI ?

Formules utiles

  • Commission (€) = Prix * Taux

  • Prix FAI = Net vendeur + Commission

  • Net vendeur = Prix FAI / (1 + Taux)

Exemples express : 

  1. Net vendeur 300 000 €, taux 4,5 % → commission 13 500 €prix FAI 313 500 €.

  2. Prix FAI 420 000 €, taux 5 %net vendeur 400 000 €, commission 20 000 €.

  3. Même bien 400 000 €, taux 5 % à la charge de l’acquéreur → base frais d’acquisition 400 000 € (et non 420 000 €), ce qui diminue les droits d’enregistrement.

Mandat simple ou exclusif : quel effet sur le pourcentage et le résultat ?

Mandat simple : plusieurs agences + possibilité de vendre seul. Diffusion éclatée, discours hétérogènes, taux souvent un peu plus élevés.

Mandat exclusif : un seul pilote, plan marketing maîtrisé, retours consolidés, taux parfois plus bas (décote 0,5 à 1 point fréquemment observée) contre des engagements écrits sur les moyens (média, visites, suivi).

Dans tous les cas, le mandat doit être écrit et signé avant toute commercialisation.

Quelles obligations d’affiche s’imposent aux agences ?

  • Affichage des barèmes en TTC et mention claire de la charge (venduer ou acquéreur), en vitrine et en ligne.

  • Pour une annonce charge acquéreur, le prix FAI doit apparaître en premier, avec le % TTC calculé sur le prix hors honoraires et le prix hors honoraires lui-même. 

Ces règles découlent de l’arrêté du 10 janvier 2017 et des précisions DGCCRF.

Peut-on négocier la commission ? Jusqu’où aller utilement ?

Oui, les honoraires sont libres et négociables. La négociation est plus efficace si : 

  • vous confiez un exclusif avec plan d’actions (home staging, vidéo, pub premium, fichier acquéreurs activé) ;

  • le bien est très liquide (forte demande, rareté) ; 

  • le dossier est prêt (diagnostics, urbanisme, charges, calendrier notaire).

Descendre trop bas peut réduire les moyens déployés et donc le prix final obtenu. La bonne approche consiste à échanger une décote contre les livrables datés et mesurables (reporting hebdo, calendrier de diffusion, relances qualifiées).

Repères de marché par profils et contextes

  • Biens compacts en ville : 4-6 % ou forfaits ; forte concurrence, importance de la mise en scène et des créneaux de visite.

  • Maisons familiales périurbaines : 4-5,5 % avec plus de travail sur les aspects techniques (assainissement, extensions, servitudes).

  • Segments premium/atypiques : tendance à l’échelle glissante (3-4,5 % au-delà de ~ 800 000- 1M €) avec marketing sur-mesure.

  • Modèles “online” : forfaits ou 2-3 %, à confronter au périmètre de service (pilotage de la négociation, suivi notaire).

Frais de location et gestion locative (bailleurs/investisseurs)

  • Location résidence principale (loi 89) : les honoraires payés par le locataire sont plafonnées au m² (visite/dossier/bail) + plafond au m² pour l’état des lieux ; le bailleur règle le surplus.

  • Gestion locative : honoraires récurrents généralement 5-9 % TTC des loyers encaissés, selon services (relance, FLI, suivi travaux).

Méthode express (applicable tout de suite)

  • Vendeur : fixez un net vendeur cible, demandez deux plans d’actions écrits et comparez exclusif vs simple. Négociez 0,5–1 point contre des livrables (média, calendrier, reporting).

  • Acheteur : lorsque c’est possible, privilégiez un montage “charge acquéreur” pour réduire la base de calcul des frais d’acquisition ; vérifiez l’annonce et le mandat. 

  • Bailleur : évaluez la gestion non pas au pourcentage brut, mais au ROI (vacance évitée, impayés, temps économisé, fiscalité).

Si vous êtes vendeur, raisonnez en net vendeur et en délai, pas en pourcentage isolé : une agence outillée (marketing, ciblage, négociation, suivi notaire) crée de la valeur qui dépasse souvent 0,5 à 1 point de commission négociée. L’exclusif est pertinent lorsqu’il s’accompagne d’un plan d’actions écrit et d’engagements mesurables.

Côté acheteur, privilégiez quand c’est possible la charge acquéreur pour alléger la base des frais d’acquisition, et exigez des mentions claires (prix FAI, prix hors honoraires, % TTC).

Bailleurs et investisseurs ont intérêt à comparer la gestion à 5–9 % au ROI réel (vacance, impayés, temps libéré), plutôt qu’au seul tarif.

En pratique, votre meilleur levier reste la comparaison structurée de deux à trois propositions : barème TTC, périmètre de services, calendrier de commercialisation, reporting, références locales. C’est cette méthode, plus que la chasse au plus bas pourcentage, qui maximise le prix obtenu, la sécurité juridique… et votre sérénité jusqu’à la signature.


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