Réglez votre ballon d’eau chaude entre 55 et 60 °C, comme le recommande l’ADEME. Au robinet de la salle de bains, l’eau ne devrait pas dépasser 50 °C, ce qu’un mitigeur thermostatique permet d’obtenir. Sous 50 °C dans le ballon, les légionelles ne sont plus freinées, et en dessous de 45 °C elles se multiplient. Au-dessus de 60 °C, vous gaspillez de l’énergie et le tartre s’accumule plus vite.
Pourquoi la température du ballon compte
Les légionelles sont des bactéries présentes naturellement dans l’eau. D’après les agences régionales de santé (ARS), elles prolifèrent entre 25 et 45 °C, avec un optimum vers 37 °C. L’eau qui stagne, le tartre, la corrosion et le biofilm des canalisations les favorisent. Elles se transmettent en respirant de fines gouttelettes d’eau contaminée, typiquement sous la douche. La légionellose qu’elles provoquent est une infection pulmonaire grave, qui ne se transmet pas d’une personne à l’autre.
Les personnes les plus exposées sont les adultes âgés, les fumeurs, les personnes immunodéprimées, diabétiques, insuffisantes rénales ou atteintes de maladies chroniques. En 2022, 1 897 cas ont été notifiés en France. Les ARS rappellent toutefois que dans une installation individuelle bien réglée et entretenue, le risque reste faible.
Ce que dit l’arrêté du 30 novembre 2005
Ce texte a réécrit l’article 36 de l’arrêté du 23 juin 1978 sur les installations de chauffage et d’eau chaude des bâtiments d’habitation, des locaux de travail et des établissements recevant du public. Il traite deux risques à la fois.
Contre les brûlures, il fixe une température maximale de 50 °C aux points de puisage des pièces destinées à la toilette (douche, baignoire, lavabo). Dans les autres pièces, comme la cuisine, la limite est de 60 °C. Seules certaines cuisines et buanderies d’établissements recevant du public peuvent monter à 90 °C, sur des points signalés.
Contre les légionelles, deux règles visent les installations d’une certaine taille. Lorsque le réseau contient plus de 3 litres d’eau entre la production et le robinet le plus éloigné, l’eau doit rester à 50 °C au moins en tout point. Lorsque le stockage atteint 400 litres ou plus, l’eau doit sortir du ballon à 55 °C au minimum en permanence. À défaut, elle doit être portée au moins une fois par 24 heures à une température suffisante. L’annexe fixe ces durées : 2 minutes à 70 °C, 4 minutes à 65 °C ou 60 minutes à 60 °C.
Ces règles s’appliquent aux installations neuves ou entièrement rénovées après le 15 décembre 2006, comme l’a rappelé le ministère de la Santé en 2019. Pour une maison individuelle équipée d’un ballon de 100 à 300 litres, l’obligation des 55 °C ne s’impose donc pas. La limite de 50 °C dans la salle de bains vaut, elle, pour les installations récentes. Les recommandations sanitaires, en revanche, concernent tout le monde.
Le bon réglage pour une maison
Le guide de l’ADEME consacré au confort d’hiver conseille de régler le chauffe-eau entre 55 et 60 °C. Cette plage limite le développement des bactéries et ralentit l’entartrage. L’ARS de Normandie recommande, pour l’habitat individuel, un thermostat réglé à 60 °C. Une infographie du ministère de la Transition écologique évoque plutôt 50 à 55 °C pour limiter les surconsommations. Retenez qu’il ne faut pas descendre sous 55 °C au ballon : c’est le meilleur compromis entre sécurité sanitaire et économie.
Au robinet, l’ARS Grand Est conseille de vérifier que l’eau chaude de l’évier de cuisine se situe entre 50 et 60 °C. Un thermomètre de cuisine sous le jet, après une minute d’écoulement, suffit pour contrôler.
Le risque de brûlure augmente très vite avec la température. Selon un document de l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur, une brûlure grave survient en une seconde environ à 70 °C, contre plusieurs minutes à 50 °C. Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés. Le mitigeur thermostatique résout ce dilemme : le ballon reste à 55-60 °C et l’eau arrive à la douche à une température sûre.
L’eau chaude peut représenter jusqu’à 20 % de la consommation d’énergie d’un ménage. Les économies se font sur le débit, l’isolation du ballon et des tuyaux, et la programmation, plus que sur une baisse de consigne.
Chocs thermiques, absences et entretien
Le choc thermique consiste à porter l’eau à 60-70 °C pour détruire les bactéries. Les ARS le réservent aux réseaux collectifs, en traitement curatif, après avoir corrigé la cause du problème. Elles déconseillent de le pratiquer systématiquement, car des traitements répétés abîment le réseau. Dans une maison, il ne se justifie qu’en cas de doute sérieux, et avec un professionnel, car l’eau à cette température brûle instantanément. Les analyses de légionelles ne sont généralement pas justifiées pour une installation individuelle.
Les gestes utiles sont plus simples. Faites couler l’eau chaude et l’eau froide au moins une fois par semaine aux points peu utilisés, comme une seconde salle de bains. Après une absence prolongée, faites couler tous les robinets plusieurs minutes avant de prendre une douche. Pour une absence de plus de deux ou trois jours, couper le chauffe-eau consomme moins que de le maintenir chaud. Laissez-le ensuite remonter en température avant la première douche. Pour les absences de plus de quinze jours, l’ARS de Normandie recommande même de vidanger le ballon avant de le réutiliser.
Côté entretien, faites détartrer le ballon tous les deux à trois ans, et détartrez ou désinfectez pommeaux et brise-jets au moins une fois par an. Un professionnel devrait aussi entretenir l’installation chaque année.
Chauffe-eau thermodynamique, heures creuses et production instantanée
Un chauffe-eau thermodynamique chauffe l’eau grâce à une pompe à chaleur, complétée par une résistance électrique. Selon les fiches techniques des fabricants, la plupart des modèles proposent un cycle périodique de montée en température, souvent appelé cycle anti-légionelle, assuré par la résistance. Laissez-le activé et suivez la consigne prévue dans la notice, sans descendre sous 55 °C.
Pour un ballon électrique classique, l’ADEME conseille de programmer la chauffe en heures creuses lorsque vous disposez d’un double tarif. Vérifiez les plages de votre contrat : la température atteinte en fin de chauffe doit rester dans la plage recommandée.
Enfin, une production instantanée, par une chaudière ou un chauffe-eau gaz, limite le risque puisqu’elle ne stocke pas d’eau. Si votre installation date ou si l’eau n’atteint jamais les bonnes températures, un plombier chauffagiste peut contrôler le thermostat, le mitigeur et l’état du ballon.



