leasing-social-de-pompe-a-chaleur-conditions-mensualite-et-pieges-avant-de-signer

Leasing social de pompe à chaleur : conditions, mensualité et pièges avant de signer

Publié le 19/12/2026

Depuis le 1er octobre 2026, les ménages modestes propriétaires d'une maison chauffée au gaz ou au fioul peuvent remplacer leur chaudière par une pompe à chaleur air/eau dans une offre « tout compris ». On l'appelle « leasing social », mais vous n'êtes pas locataire de l'appareil : vous l'achetez et vous en remboursez le reste à charge. Voici pour qui elle est intéressante et ce qu'il faut vérifier avant de signer.

Le dispositif en bref : un achat financé, pas une location

Le nom officiel est “offre intégrée pour les pompes à chaleur”. L'État a sélectionné par appel à projets des groupements d'entreprises réunissant fournisseurs d'électricité, fabricants, installateurs et organismes de financement. Six ont été retenus le 30 septembre 2026 et se sont engagés à installer 55 000 pompes à chaleur. La liste officielle, sur le site gouvernemental « Électrifions la France », en compte sept dans sa mise à jour du 21 octobre 2026.

Selon le dossier de presse du gouvernement et Service-public.gouv.fr, chaque offre comprend : 

  • une pompe à chaleur air/eau fabriquée en France ou en Europe, dimensionnée après une étude du logement et posée par des professionnels qualifiés ; 

  • une offre d’électricité à prix fixe pendant trois ans ; 

  • un contrat de maintenance d’au moins trois ans, qui couvre l’entretien et les pannes ; 

  • un pilotage de la PAC aux heures où l’électricité est la moins chère, avec votre accord et dans une plage de confort que vous fixez ; 

  • le montage des aides et une solution de financement qui étale le reste à charge en mensualités.

Chaque groupement doit aussi proposer au moins un modèle réversible, qui rafraîchit l'été, quand le logement et le système de chauffage le permettent.

Pourquoi ce n'est pas vraiment un leasing ? Dans une location, le bien reste au loueur. Ici, vous achetez la pompe à chaleur. Les aides, versées sous forme de certificats d'économies d'énergie (CEE), réduisent son prix. Le gouvernement annonce une aide moyenne de 9 800 € par ménage. Le reste à charge est ensuite étalé grâce à une solution de financement (selon les offres, par exemple un éco-prêt à taux zéro), que vous devez rembourser. L'appareil vous appartient, avec ce que cela implique au moment de revendre la maison.

Qui y a droit ?

Les conditions publiées sont les suivantes :

  • être propriétaire d’une maison individuelle ;

  • appartenir à la catégorie de revenus “modestes” ou “très modestes” au sens de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ; 

  • remplacer un chauffage au gaz ou au fioul par la PAC air/eau ;

  • ne pas avoir déjà déposé une demande d’aide à l’Anah pour les mêmes travaux.

Les locataires, les occupants d’appartement et les ménages aux revenus intermédiaires ou supérieurs sont exclus.

Le plafond de revenus se lit sur le revenu fiscal de référence de l’ensemble du foyer. Les revenus retenus sont ceux des avis d’imposition ou de non-imposition de l’année N-2. Ceux de l’année N-1 peuvent servir à titre dérogatoire s’ils sont disponibles. Voici les plafonds de la catégorie “modestes”, qui marquent la limite d’accès au dispositif.

Personnes dans le foyer

Hors Île-de-France (dont Hauts-de-France)

Île-de-France

1

22 259 €

29 253 €

2

32 553 €

42 933 €

3

39 148 €

51 564 €

4

45 735 €

60 208 €

5

52 348 €

68 877 €

Par personne en plus

+ 6 598 €

+ 8 663 €

Pour un couple avec un enfant hors Île-de-France, le plafond de 39 148 € par an représente environ 3 260 € par mois. Le simulateur de France Rénov' et le bouton « Vérifiez votre éligibilité » du site gouvernemental donnent la réponse pour votre foyer.

Deux points de cumul à connaître. L'aide de l'offre intégrée n'est pas cumulable avec MaPrimeRénov'. Et si vous avez déjà déposé un dossier à l'Anah pour cette PAC, l'offre intégrée vous est fermée.

Combien ça coûte vraiment

La règle centrale est la suivante : la mensualité globale après travaux, qui additionne le remboursement du reste à charge, l'électricité et la maintenance, doit être inférieure ou égale à votre dépense d'énergie mensuelle avant travaux. Ce calcul se fait dans des conditions d'usage et de température conventionnelles, avec les prix de l'énergie du jour de la souscription ou des prix moyens historiques. Le gouvernement indique que le reste à charge sera remboursé en trois ans dans la très grande majorité des cas, et jamais en plus de cinq ans.

Pour voir ce que cela donne, voici un exemple calculé. Les hypothèses sont arrondies, proches de celles qu'utilise le site gouvernemental, et ne décrivent aucune offre réelle :

  • maison qui consomme 15 000 kWh de gaz par an, chaudière d’un rendement de 90 %, soit 13 500 kWh de chaleur utile ;

  • gaz à 0,12 €/kWh et électricité à 0,20 €/kWh, abonnements non compris ; 

  • PAC d’un coefficient de performance saisonnier (SCOP) de 2,9 ;

  • maintenance à 15 € par mois.

Avant travaux, le gaz coûte 15 000 × 0,12 = 1 800 € par an, soit 150 € par mois. Après travaux, la PAC consomme 13 500 ÷ 2,9 ≈ 4 655 kWh d'électricité, soit environ 931 € par an ou 78 € par mois. En ajoutant 15 € de maintenance, on arrive à 93 € par mois. Il reste donc environ 57 € par mois pour rembourser le reste à charge sans dépasser l'ancienne facture.

Sur 36 mois, cette marge finance environ 2 050 € de reste à charge, hors intérêts éventuels. Sur 60 mois, la durée maximale, environ 3 400 €. Si le devis laisse un reste à charge plus élevé, la règle n'est pas tenue dans ces hypothèses. Une fois le financement remboursé, l'économie atteint environ 1 800 − 931 − 180 = 689 € par an, tant que les prix restent ceux des hypothèses.

Trois remarques sur cet exemple. Si la consommation déclarée au départ est surestimée, la marge l'est aussi. Exigez donc que le calcul parte de vos factures réelles. Ensuite, les abonnements sont exclus : vous ne paierez plus celui du gaz, mais demandez si la puissance de votre abonnement électrique doit changer. Enfin, le prix de l'électricité n'est fixe que trois ans. Si le remboursement dure cinq ans, le prix des deux dernières années n'est plus garanti.

Comment souscrire et calendrier

Les précommandes sont ouvertes depuis le 1er octobre 2026 et les premières installations doivent suivre. Le parcours type se déroule ainsi :

  1. 1. Vérifier votre éligibilité sur le site gouvernemental ou avec un conseiller France Rénov', gratuit et neutre.

  2. 2. Contacter directement un ou plusieurs groupements de la liste officielle, depuis le site de l'État et non depuis un lien reçu par SMS ou courriel.

  3. 3. Faire réaliser l'étude du logement, puis comparer les propositions : prix de la PAC, montant d'aide, durée et coût du financement, prix de l'électricité, contenu de la maintenance.

  4. 4. Signer le devis et l'offre de financement, après avoir obtenu par écrit le détail de chaque prestation : équipement, pose, maintenance, électricité, financement.

  5. 5. Faire poser la PAC, puis accepter le contrôle. Le gouvernement annonce des contrôles sur site pour 70 % des installations. Le projet d'arrêté prévoit un taux qui monterait progressivement jusqu'à 100 % en 2028.

Vous gardez votre liberté de fournisseur. Vous n'êtes pas obligé de souscrire l'électricité du groupement. Vous pouvez aussi en changer à tout moment, sans effet sur le financement ni sur l'entretien de la PAC.

Les pièges à éviter

Une maison mal isolée et une PAC surdimensionnée

Une PAC air/eau se calcule d'après les déperditions de la maison par grand froid. La fiche officielle des certificats d'économies d'énergie impose une note de dimensionnement, remise au ménage. Pour l'offre intégrée, le projet d'arrêté renforcerait les exigences de dimensionnement et de contrôle. Le mauvais dimensionnement figure néanmoins parmi les problèmes que SignalConso relève sur les PAC, et l'ADIL recommande de faire vérifier l'isolation, les radiateurs et le dimensionnement avant de signer. Si vos combles ou vos murs sont très mal isolés, demandez si l'isolation doit passer en premier : une PAC calée sur une maison qui perd beaucoup de chaleur restera chère à faire tourner. Réclamez la note de dimensionnement et faites-vous l'expliquer.

Des radiateurs inadaptés à la température de l'eau

La température de l'eau que doit produire la PAC compte. La réglementation des CEE évalue le rendement d'une PAC à 35 °C quand elle alimente un plancher chauffant, et à 55 °C quand elle alimente des radiateurs, y compris des radiateurs dits « basse température ». Si vos radiateurs actuels ont besoin d'une eau plus chaude pour chauffer correctement, il faudra remplacer certains radiateurs ou en ajouter. Ce coût doit apparaître dans le devis, pas après la pose.

Le démarchage frauduleux et la « PAC gratuite »

Le démarchage téléphonique pour des travaux de rénovation énergétique est interdit. Un appel qui annonce une « pompe à chaleur gratuite » ou « financée par l'État » est donc suspect par principe. L'offre intégrée comporte toujours un reste à charge, même s'il est étalé.

Quelques réflexes à adopter :

  • ne communiquez jamais vos identifiants fiscaux par téléphone et créez vous-même vos comptes d'aides ;

  • vérifiez que le groupement figure sur la liste officielle et que l'installateur est qualifié RGE ;

  • un contrat signé à domicile ou hors établissement vous laisse 14 jours pour vous rétracter.

Si une entreprise se dit lauréate sans figurer sur la liste, signalez-la sur SignalConso ou via le formulaire de signalement de France Rénov'.

Leasing ou achat classique avec prime CEE ?

L'achat classique reste accessible à tous. La prime « Coup de pouce Chauffage » est ouverte aux propriétaires comme aux locataires d'un logement de plus de deux ans, avec un montant qui dépend notamment des ressources. Depuis le 1er septembre 2026, elle exige que le modèle de PAC soit agréé par l'État. Les cumuls possibles avec les autres aides se vérifient auprès d'un conseiller France Rénov'. En contrepartie, vous montez vous-même votre financement, vous choisissez votre contrat d'entretien et votre offre d'électricité.

L'offre intégrée est intéressante si vous cochez trois cases : revenus modestes, chaudière fossile encore en service, et pas assez d'épargne pour avancer le reste à charge. Le plafonnement de la mensualité et le prix fixe pendant trois ans sont des garanties qu'un achat classique n'apporte pas. Elle est moins intéressante si vous pouvez payer comptant, si vos besoins de chauffage sont faibles (l'économie mensuelle, donc la marge pour rembourser, est alors plus petite) ou si votre maison demande d'abord des travaux d'isolation.

Le plus sûr est de comparer une proposition d'offre intégrée et un devis d'achat classique d'un installateur RGE, aides déduites. Pour ce dernier, l'annuaire d'artisans d'Omizi permet de trouver des professionnels près de chez vous et de demander un devis.

Recevez jusqu'à 3 devis gratuits en 2 min

Confiez votre projet aux entreprises de rénovation près de chez vous. Gratuit et sans engagement.