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Encadrement des loyers à Lille, Hellemmes et Lomme : loyer de référence et recours

Publié le 03/10/2026

L'encadrement des loyers s'applique à Lille, Hellemmes et Lomme depuis le 1er mars 2020 : le loyer hors charges d'un logement loué vide ou meublé ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré fixé chaque année par arrêté préfectoral, sauf complément de loyer justifié. Le dispositif étant expérimental, son maintien au-delà de fin novembre 2026 dépend d'une loi qui, à la date du 23 septembre 2026, n'a pas encore été adoptée.

Qui est concerné par l'encadrement des loyers à Lille ?

Le dispositif concerne les baux signés ou renouvelés depuis le 1er mars 2020 pour des logements du parc privé loués à titre de résidence principale, vides ou meublés, situés sur le territoire de Lille et de ses communes associées Hellemmes et Lomme.

Il s'applique aussi bien aux particuliers qu'aux sociétés bailleresses, aux colocations et aux locations passant par une agence. En colocation, le total des loyers versés par les colocataires ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré applicable au logement.

Comment calculer le loyer de référence ?

Les critères pris en compte

Le préfet du Nord fixe par arrêté, chaque année, des loyers de référence exprimés en euros par mètre carré de surface habitable. Ils varient selon quatre critères :

  • le secteur géographique où se trouve le logement ;

  • le nombre de pièces principales ;

  • l'époque de construction de l'immeuble ;

le type de location : vide ou meublée (les loyers de référence sont plus élevés en meublé).

Le dernier arrêté en vigueur, daté du 10 février 2026, a actualisé ces valeurs. Un simulateur officiel permet de retrouver en quelques clics les montants applicables à une adresse précise.

Trois valeurs à connaître

Pour chaque catégorie de logement, l'arrêté fixe :

  • le loyer de référence : la valeur médiane observée ;

  • le loyer de référence majoré : le loyer de référence augmenté de 20 %. C'est le plafond à ne pas dépasser ;

  • le loyer de référence minoré : le loyer de référence diminué de 30 %. Il sert de seuil pour une éventuelle réévaluation au renouvellement du bail.

Exemple de calcul

Pour un deux-pièces de 40 m² dont le loyer de référence majoré serait de 16 €/m², le loyer hors charges maximal s'élève à 40 × 16 = 640 €, hors complément de loyer éventuel. Les montants réels dépendent de l'arrêté en vigueur et de l'adresse du logement.

Le complément de loyer : dans quels cas ?

Un bailleur peut ajouter un complément de loyer au loyer de base uniquement si :

  • le loyer de base est déjà égal au loyer de référence majoré ;

  • le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes, exceptionnelles par rapport aux logements comparables du secteur (grande terrasse, vue remarquable, prestations rares…), non prises en compte dans le loyer de référence.

Depuis les baux signés à partir du 18 août 2022, le complément de loyer est interdit si le logement présente certaines défaillances, notamment :

  • un DPE classé F ou G ;

  • des sanitaires sur le palier ;

  • des signes d'humidité sur les murs ;

  • des fenêtres laissant anormalement passer l'air ;

  • des infiltrations ou inondations ;

  • une installation électrique dégradée ;

  • une mauvaise exposition de la pièce principale.

Quelles mentions doivent figurer dans le bail ?

Dans une zone encadrée, le contrat de location doit obligatoirement mentionner :

  • le loyer de référence et le loyer de référence majoré applicables ;

  • le loyer de base ;

  • le cas échéant, le montant du complément de loyer et les caractéristiques qui le justifient.

Si ces informations manquent, le locataire dispose d'un mois à compter de la prise d'effet du bail pour mettre en demeure le propriétaire, par lettre recommandée, de les compléter. À défaut de réponse, il peut saisir le juge pour obtenir ces mentions et, le cas échéant, une diminution du loyer.

Quels recours si le loyer dépasse le plafond ?

Contester un complément de loyer

Le locataire a trois mois à compter de la signature du bail pour contester le complément de loyer devant la commission départementale de conciliation (CDC) du Nord. Cette démarche est gratuite. En l'absence d'accord, il dispose ensuite de trois mois pour saisir le juge des contentieux de la protection. Pendant la procédure, le loyer prévu au bail reste dû.

Obtenir une baisse de loyer et un remboursement

Si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré, le locataire peut demander une mise en conformité et le remboursement du trop-perçu, d'abord à l'amiable, puis via la CDC et, si nécessaire, devant le juge.

Signaler au préfet

Le locataire peut aussi alerter la préfecture du Nord, qui dispose d'un service dédié à l'encadrement des loyers à Lille. Après une mise en demeure restée sans effet dans un délai de deux mois, le préfet peut infliger une amende administrative pouvant atteindre 5 000 € pour un bailleur personne physique et 15 000 € pour une personne morale, en plus de l'obligation de rembourser le locataire.

Pour être accompagné gratuitement, vous pouvez contacter la direction de l'habitat de la Ville de Lille ou l'ADIL du Nord.

L'encadrement des loyers à Lille sera-t-il prolongé après novembre 2026 ?

C'est la question centrale de cet automne. L'encadrement des loyers repose sur l'article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, qui a créé une expérimentation d'abord prévue pour cinq ans. La loi 3DS du 21 février 2022 l'a portée à huit ans, ce qui fixe son échéance à fin novembre 2026.

Où en est-on au 23 septembre 2026 ?

  • L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 11 décembre 2025, une proposition de loi visant à pérenniser et étendre le dispositif.

  • Le texte doit encore être examiné par le Sénat. Un examen a été annoncé pour l'automne 2026, et une prolongation limitée à deux ans est évoquée, sans que son contenu soit arrêté.

  • Aucune loi de prolongation n'a été promulguée à ce jour.

Si aucun texte n'est adopté à temps, l'encadrement cesserait de s'appliquer aux nouveaux baux conclus après l'échéance. En revanche, les baux déjà signés ne seraient pas modifiés rétroactivement : le loyer contractuel reste celui du bail, et les sommes trop perçues pendant la période d'encadrement restent réclamables dans les délais de prescription.

Encadrement des loyers à Lille : l'essentiel

À Lille, Hellemmes et Lomme, le loyer hors charges ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral, sauf complément de loyer justifié. Un locataire qui paie trop dispose de recours gratuits, via la commission départementale de conciliation puis le juge. Son maintien au-delà de fin novembre 2026 dépend encore d'une loi de prolongation.

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