La norme NF C 15-100 ne fixe pas un nombre de radiateurs par circuit, mais une puissance maximale. Un circuit en câble de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 16 A peut alimenter jusqu’à 3 500 W de radiateurs. Un circuit en 2,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A monte à 4 500 W. Vous pouvez donc brancher autant d’appareils que vous voulez sur une même ligne, tant que leurs puissances additionnées restent sous ce plafond.
Ce que dit la norme NF C 15-100
La NF C 15-100 est la norme de référence des installations électriques des logements. Un arrêté du 22 octobre 1969 impose aux bâtiments d’habitation neufs de respecter la version en vigueur au moment de leur construction. Deux arrêtés du 3 août 2016 en ont rendu les règles applicables aux logements dont le permis de construire est déposé depuis le 1er septembre 2016. La version révisée de la norme, publiée fin août 2024 et entrée en vigueur en septembre 2025, ne modifie pas la correspondance entre section des conducteurs et calibre maximal des protections dans le logement. Pour les convecteurs et panneaux rayonnants en monophasé, la norme associe à chaque section de conducteur en cuivre un calibre de disjoncteur et une puissance maximale.
Section du câble | Disjoncteur | Puissance maximale du circuit |
1,5 mm² | 16 A | 3 500 W |
2,5 mm² | 20 A | 4 500 W |
4 mm² | 25 A | 5 750 W |
6 mm² | 32 A | 7 250 W |
La formule qui accompagne ce tableau est explicite : le nombre d’appareils est limité par la somme des puissances. Le disjoncteur protège le câble contre l’échauffement. Si l’on remplaçait un disjoncteur de 16 A par un 20 A sur un câble de 1,5 mm², le câble pourrait chauffer sans que la protection réagisse. C’est la raison pour laquelle le couple section-calibre ne se modifie jamais à la légère.
Le disjoncteur de 10 A, souvent associé aux circuits d’éclairage, n’apparaît pas dans ce tableau pour le chauffage. Sur le papier, il ne laisserait passer qu’environ 2 300 W (10 A × 230 V), ce qui en fait une solution peu adaptée à un circuit de radiateurs.
Un exemple de calcul
Prenons un appartement chauffé par convecteurs. Les deux chambres et le bureau reçoivent chacun un radiateur de 1 000 W. Le séjour en reçoit deux de 2 000 W.
Les trois petites pièces totalisent 3 000 W. Elles tiennent sur un seul circuit en 1,5 mm², protégé par un disjoncteur de 16 A, puisque la limite est de 3 500 W. Le séjour totalise 4 000 W : c’est trop pour un circuit en 1,5 mm². Il faut un circuit en 2,5 mm² protégé par 20 A, limité à 4 500 W, ou bien deux circuits en 1,5 mm² avec un radiateur chacun.
Le calcul de l’intensité permet de comprendre ces seuils. Un circuit de 4 000 W sous 230 V appelle environ 17,4 A, au-delà des 16 A d’un disjoncteur. Les puissances retenues par la norme, 3 500 W et 4 500 W, correspondent à environ 15,2 A et 19,6 A : elles laissent une petite marge sous le calibre de la protection.
Les radiateurs de forte puissance
Un seul radiateur de 2 500 W ou 3 000 W tient sur un circuit en 1,5 mm² protégé par 16 A, puisqu’il reste sous 3 500 W. Dès que l’on veut associer deux appareils de cette taille, il faut passer en 2,5 mm² ou créer deux circuits. Pour un appareil plus puissant encore, ou un groupe de radiateurs dans une grande pièce, la norme prévoit le 4 mm² avec 25 A, puis le 6 mm² avec 32 A.
La longueur du câble compte aussi. La section se choisit en fonction de la puissance, mais également de la distance et de la chute de tension admissible. Sur une ligne très longue, l’électricien peut retenir une section supérieure à celle du tableau. Le plancher chauffant suit par ailleurs des règles propres, avec des puissances maximales plus basses pour une même section.
Le fil pilote
La plupart des radiateurs récents se pilotent par un fil pilote, un conducteur supplémentaire qui transmet les ordres de programmation. Ce fil chemine avec l’alimentation du radiateur. Côté tableau, le circuit qui commande les fils pilotes, le gestionnaire d’énergie ou l’asservissement tarifaire est réalisé en 1,5 mm² et protégé par 2 A. Le fil pilote doit toujours être traité comme un conducteur sous tension lors d’une intervention.
La protection différentielle 30 mA
Tous les circuits d’un logement neuf doivent être protégés par des dispositifs différentiels à haute sensibilité, de 30 mA au plus. Il en faut au moins deux, et chacun protège au maximum huit circuits. Les circuits de chauffage peuvent être placés sous un différentiel de type AC au minimum, alors que la cuisson, le lave-linge et la recharge de véhicule exigent un type A, F ou B. Le calibre de l’interrupteur différentiel doit aussi tenir compte des circuits de chauffage qu’il protège : la norme les compte pour la totalité de leur calibre dans ce calcul. Répartir les circuits de chauffage entre plusieurs différentiels évite qu’un seul déclenchement coupe tout le chauffage.
Qui peut intervenir, et quand le Consuel est obligatoire
Ajouter un circuit, changer un disjoncteur ou modifier le tableau relève d’un électricien qualifié. Une erreur de calibre ou de section ne se voit pas tout de suite, mais elle peut provoquer un échauffement dangereux du câble.
Pour une installation neuve, ou entièrement rénovée après une mise hors tension par le gestionnaire de réseau, une attestation de conformité est obligatoire avant la mise sous tension. Elle est établie par l’auteur des travaux, puis visée par le Consuel, organisme agréé. Pour une rénovation partielle, elle n’est pas obligatoire en principe, mais le maître d’ouvrage peut la demander. Avant d’ajouter des radiateurs, un électricien vérifiera aussi que la puissance de l’abonnement et le tableau peuvent suivre.



