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Radon dans la maison : comment savoir si votre commune est concernée, mesurer et traiter

Publié le 13/11/2026

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), le radon cause environ 3 000 décès par an en France : c’est la deuxième cause de cancer du poumon, derrière le tabac. Pour savoir si vous êtes exposé, consultez d’abord la carte du potentiel radon de l’ASNR, qui classe chaque commune en zone 1,2 ou 3. Mesurez ensuite avec deux dosimètres posés au moins deux mois entre le 15 septembre et le 30 avril. Au-delà de 300 Bq/m³, des actions simples, puis des travaux si nécessaire, font baisser la concentration. La saison de mesure vient de commencer : voici la marche à suivre.

Qu’est-ce que le radon et quel risque pour la santé ?

Le radon est un gaz radioactif naturel, inodore et incolore, issu de l'uranium et du radium contenus dans les sols et les roches, en particulier granitiques et volcaniques. Il remonte du sous-sol et s'accumule dans les pièces mal ventilées, surtout aux niveaux les plus bas.

Le Centre international de recherche sur le cancer l'a classé cancérigène pulmonaire dès 1987. Selon l'ASNR, le risque augmente avec l'exposition cumulée sur toute une vie.

La concentration se mesure en becquerels par mètre cube (Bq/m³), c'est-à-dire en désintégrations radioactives par seconde dans un mètre cube d'air. L'article R1333-28 du Code de la santé publique fixe le niveau de référence à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle.

Comment savoir si votre commune est concernée ?

La carte interactive de l'ASNR indique le potentiel radon de chaque commune, établi à partir de la géologie. Les zones sont fixées par l'arrêté du 27 juin 2018 :

  • zone 1 : formations géologiques les plus pauvres en uranium. Seuls 20 % des bâtiments y dépassent 100 Bq/m³ et moins de 2 % dépassent 300 Bq/m³ ;

  • zone 2 : uranium faible, mais des failles importantes ou d'anciens ouvrages miniers peuvent faciliter la remontée du radon ;

  • zone 3 : teneurs en uranium plus élevées sur au moins une partie de la commune. Plus de 40 % des bâtiments y dépassent 100 Bq/m³ et plus de 10 % dépassent 300 Bq/m³.

Selon l'ASNR, 12,2 millions d'habitants vivent en zone 3, soit 18 % de la population, dans 72 départements de métropole et d'outre-mer. Les zones les plus concernées se situent sur les grands massifs granitiques : Massif armoricain, dont la Bretagne, Massif central, Corse et Vosges notamment.

En zone 3, le vendeur ou le bailleur doit mentionner ce risque dans l'état des risques remis à l'acquéreur ou au locataire. Une mesure n'est pas obligatoire, mais recommandée.

L'ASNR rappelle toutefois que le potentiel d'une commune ne présage en rien de la concentration dans votre maison, qui dépend du bâtiment et de sa ventilation. Seule une mesure le dit.

Comment mesurer le radon chez vous ?

La mesure se fait avec un dosimètre passif, un petit boîtier qui enregistre l'exposition sans électricité, puis que l'on renvoie au laboratoire. L'ASNR en estime le coût à environ 25 à 30 € l'unité, analyse comprise.

Les règles à respecter :

  • poser au moins deux dosimètres, de préférence dans le séjour et une chambre, au niveau habité le plus bas ;

  • les placer entre 1 et 2 mètres du sol, loin des sources de chaleur, des portes, des fenêtres et des bouches de ventilation ;

  • les laisser au moins deux mois entre le 15 septembre et le 30 avril, période de chauffe où l'on aère moins ;

  • les renvoyer ensuite au laboratoire pour analyse.

Vous pouvez aussi confier la pose à un organisme agréé par l'ASNR pour ces mesures.

Prenons l'exemple d'une maison avec sous-sol, dans une commune en zone 3. Le propriétaire pose deux dosimètres début novembre et les retire mi-janvier, pour un budget d'environ 50 à 60 €. Les résultats donnent 420 Bq/m³ dans le séjour et 520 Bq/m³ dans la chambre : tous deux se situent entre 300 et 1 000 Bq/m³, ce qui appelle des actions simples puis une nouvelle mesure l'hiver suivant.

Que faire selon le résultat de la mesure ?

L'action dépend de deux seuils, 300 et 1 000 Bq/m³. Sous 300 Bq/m³, de bonnes habitudes suffisent ; au-delà de 1 000 Bq/m³, l'ASNR recommande un diagnostic du bâtiment par un professionnel.

Résultat de la mesure

Actions recommandées par l’ASNR

Moins de 300 Bq/m³

Aérer chaque pièce 10 minutes par jour, entretenir la ventilation

De 300 à 1 000 Bq/m³

Actions simples : boucher les points d'entrée (porte de sous-sol, passages de canalisations, fissures), aérer le sous-sol, améliorer la ventilation, puis mesurer de nouveau

Plus de 1 000 Bq/m³, ou plus de 300 Bq/m³ malgré les actions simples

Diagnostic par un professionnel, puis travaux : étanchéité, renouvellement d'air, traitement du sous-sol ou du vide sanitaire

Les techniques de réduction et leur efficacité

Le guide de recommandations de l'ASNR, établi avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et approuvé notamment par l'AQC, le Cerema et l'ADEME, distingue trois leviers : l'étanchéité entre le sol et le bâtiment, la ventilation et le traitement du soubassement. Le système de mise en dépression du sol aspire l'air sous le dallage, dans le vide sanitaire ou sous une membrane, pour rejeter le radon dehors avant qu'il n'entre.

Sur 83 bâtiments étudiés par le CSTB (72 établissements recevant du public, surtout des écoles, et 11 maisons), la baisse moyenne atteignait 55 % avec l'étanchement seul, 73 % en l'associant à la ventilation et 87 % avec une mise en dépression du sol. Dans notre exemple, une baisse de 55 % ramènerait la chambre à environ 230 Bq/m³ : un ordre de grandeur, que seule une nouvelle mesure confirmera.

Qui peut intervenir ?

Vous pouvez mesurer vous-même. Pour le diagnostic et les travaux, faites appel à des professionnels du bâtiment : maçon pour l'étanchéité des points d'entrée, électricien ou spécialiste de la ventilation pour l'extraction d'air ou la mise en dépression.

Le guide de l'ASNR et du CSTB insiste sur l'indépendance : celui qui mesure ne devrait pas être celui qui réalise les travaux. La mesure de vérification se fait ensuite dans les mêmes conditions que la mesure initiale.

Par où commencer cet automne

Le radon ne se voit pas et ne se sent pas : seule une mesure vous dira si votre maison est concernée. La période de mesure a débuté le 15 septembre. Vérifiez le classement de votre commune sur la carte de l'ASNR, commandez deux dosimètres auprès d'un laboratoire et posez-les avant la fin octobre. En attendant, aérez chaque pièce dix minutes par jour et dégagez vos bouches de ventilation. Si le résultat dépasse 300 Bq/m³, commencez par les actions simples et faites chiffrer les travaux si nécessaire. Sur Omizi, vous pouvez décrire votre projet et recevoir jusqu'à 3 devis gratuits d'artisans de votre secteur.

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